Une note de protestation transmise à Riyad
Le ministère malien des Affaires étrangères a adressé une note de protestation officielle au Royaume d’Arabie saoudite, après l’entrée illégale sur le territoire malien d’Ibrahim Moustapha, journaliste accrédité auprès des chaînes Al Arabiya et Al Hadath. Dans ce communiqué, Bamako accuse l’intéressé d’avoir mené des reportages dans le nord du pays sans autorisation préalable, en collaboration présumée avec des groupes armés terroristes. À ce jour, aucune des parties concernées n’a réagi publiquement à ces allégations.
Kidal et Tessalit : des zones sous contrôle rebelle
Ibrahim Moustapha aurait couvert l’actualité à Kidal, une ville stratégique du nord du Mali, après le retrait des Forces armées maliennes (FAMa) et des contingents russes de l’Africa Corps fin avril 2026. Cet exode militaire fait suite à un accord conclu avec le Front de libération de l’Azawad (FLA). Depuis, Kidal, ainsi que Tessalit, Aguelhoc et Hombori, sont tombées sous la coupe de la coalition FLA-GSIM, échappant ainsi à l’autorité de l’État malien.
Le gouvernement malien rejette catégoriquement les contenus diffusés par le journaliste, les qualifiant de « désinformations manifestes ». Il dénonce une tentative délibérée de nuire à la crédibilité des Forces de défense et de sécurité, tout en pointant un non-respect flagrant des principes déontologiques du journalisme.
Une crise diplomatique aux enjeux multiples
Cette protestation vise directement l’État saoudien, actionnaire majoritaire du groupe MBC, maison mère des chaînes incriminées. Le communiqué malien souligne que de telles pratiques, émanant d’un « partenaire historique et frère », risquent d’altérer les relations bilatérales. Ces tensions surviennent dans un contexte où l’Arabie saoudite joue un rôle clé au sein de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), tout en soutenant discrètement le Mali via des financements dédiés aux infrastructures religieuses et culturelles.
Le ministère des Affaires étrangères a rappelé avec fermeté que toute atteinte à la souveraineté ou à l’intégrité territoriale du pays serait sanctionnée conformément à la législation malienne en vigueur. À ce stade, aucune réponse officielle n’a été formulée par Riyad.
