Mali : qui portera secours aux civils piégés entre forces armées et groupes armés ?

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La protection des civils au Mali est-elle devenue un luxe inaccessible face à l’escalade des violences ? Les dernières exactions documentées entre juillet et septembre 2026 révèlent une tragédie quotidienne où aucun groupe n’est épargné : forces armées maliennes, milices alliées, groupes islamistes ou séparatistes. Entre drones meurtriers sur des marchés et exécutions sommaires, l’urgence d’une intervention s’impose. Mais qui, aujourd’hui, peut encore garantir leur sécurité ?

Des attaques ciblées qui défient le droit international

Les frappes aériennes et les assauts terrestres se multiplient, transformant les espaces les plus vulnérables en zones de non-droit. Le 19 août 2026, un drone a frappé le marché à bétail de Tombonkore (Bandiagara), faisant six morts et vingt blessés parmi des civils innocents. Aucun combattant n’était présent sur les lieux au moment de l’attaque, selon les témoignages recueillis. Une violation flagrante des conventions de Genève, qui exigent une distinction claire entre civils et combattants.

Quand les infrastructures vitales deviennent des cibles

Le 29 juillet, un autre drone a endommagé un centre de santé à Talahandak (Kidal), privant une population déjà fragilisée d’accès aux soins. Les structures médicales bénéficient d’une protection absolue en temps de guerre, sauf cas très spécifiques. Pourtant, cette attaque illustre l’ampleur des dégâts collatéraux lorsque les règles du conflit sont ignorées.

Milices et forces gouvernementales : des victimes collatérales parmi les plus jeunes

Les populations locales paient le prix fort des combats. Le 12 juillet, cinq jeunes filles âgées de 10 à 13 ans ont été tuées par des soldats maliens dans la région de Ségou. Une tragédie qui soulève une question cruciale : comment distinguer un enfant d’un combattant à distance ? Les excuses présentées aux familles ne suffisent pas à effacer l’irréparable. À Mopti, des milices Dozo, alliées aux forces gouvernementales, ont également abattu trois civils les 27 et 28 juillet, sans que les responsables ne soient identifiés.

Les groupes armés : entre terreur et impunité

Les insurgés ne sont pas en reste. Le 18 juillet, près de Tabrichat (Gao), des combattants du GSIM (lié à Al-Qaïda) et du FLA ont torturé et exécuté dix-neuf soldats maliens capturés. Ces actes, qualifiés de crimes de guerre, rappellent que toutes les parties belligérantes doivent respecter les lois de la guerre, sans distinction d’appartenance politique ou religieuse.

L’enjeu des prisonniers : un tabou qui persiste

La détention arbitraire, la torture et les exécutions sommaires restent des pratiques récurrentes. Ces méthodes, contraires au droit international humanitaire, transforment les zones de conflit en véritables zones de non-droit où la vie humaine n’a plus de valeur. Comment briser ce cycle de violence alors que les enquêtes indépendantes se font attendre ?

L’Union africaine peut-elle inverser la tendance ?

Face à l’urgence, l’Union africaine est appelée à jouer un rôle central. Human Rights Watch exhorte le Conseil de paix et de sécurité à organiser une session dédiée à la protection des civils et à exiger des comptes-rendus réguliers sur les mesures prises. Une lettre adressée au ministre malien de la Défense en août est restée sans réponse, illustrant le manque de transparence des autorités.

La lutte contre l’impunité : une priorité absolue

Pour mettre fin aux violences, plusieurs leviers doivent être actionnés simultanément :

  • Des enquêtes crédibles : identifier les responsables et rétablir la vérité pour les familles des victimes.
  • Des sanctions ciblées : geler les avoirs des auteurs d’exactions et interdire leur participation aux processus politiques.
  • Un engagement régional renforcé : mobiliser les mécanismes africains de protection des droits humains pour faire pression sur toutes les parties.

La protection des civils : un devoir collectif

Le conflit au Mali ne sera résolu ni par la force ni par des déclarations vides de sens. Il exige une volonté politique réelle, une coopération internationale et une mobilisation sans faille des instances régionales. Chaque jour sans action concrète est un jour de plus où des innocents perdent la vie. La question n’est plus de savoir si la communauté internationale peut agir, mais quand elle choisira de le faire. Les civils maliens, pris en étau entre toutes les forces en présence, n’ont plus le temps d’attendre.

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