Mali : entre crises sécuritaire et politique, la paix en suspens

Le Mali est plongé depuis plusieurs années dans une profonde instabilité, marquée par une double crise sécuritaire et politique. La nation ouest-africaine fait face à des défis persistants qui menacent sa cohésion et la vie de ses citoyens, alors que la coexistence intercommunautaire est mise à rude épreuve.

Sur le plan sécuritaire, le pays est la cible récurrente d’attaques menées par des groupes armés, qu’ils soient djihadistes ou séparatistes. L’une des offensives les plus récentes et marquantes a frappé la capitale, Bamako, le 25 avril dernier. Cet événement tragique a notamment coûté la vie au ministre de la Défense, Sadio Camara, soulignant la gravité de la menace qui pèse sur le territoire.

Parallèlement, une crise politique majeure secoue le Mali. Les activités des partis politiques ont été suspendues, et le pouvoir est fermement aux mains des militaires, qui dirigent le pays depuis les coups d’État survenus en 2020 et 2021, instaurant une gouvernance sans partage.

Mali I Treffen mit Tuareg Rebellen in Kidal

Un tournant majeur a eu lieu en novembre 2023, lorsque les Forces armées maliennes (FAM), appuyées par des paramilitaires russes du groupe Wagner, ont réussi à reprendre la ville stratégique de Kidal. Cette localité était sous le contrôle de groupes rebelles depuis 2012. Cette offensive a de facto sonné le glas de l’Accord d’Alger de 2015, un pacte de paix et de réconciliation conclu entre le gouvernement malien et les factions séparatistes du nord.

Le gouvernement malien a officialisé cette rupture le 25 janvier 2024, en annonçant la « fin avec effet immédiat » de l’Accord d’Alger. Cet abandon a malheureusement relancé les hostilités de manière significative, plongeant le pays dans une nouvelle phase de conflit.

En effet, le 25 avril 2026, la situation a de nouveau dégénéré : le Front de libération de l’Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) ont lancé une série d’attaques coordonnées sur plusieurs villes, y compris Bamako. Dans la foulée, ils sont parvenus à reprendre le contrôle de Kidal, marquant une escalade préoccupante du conflit et renforçant l’incertitude.

Pour mieux comprendre ces développements complexes et les perspectives de sortie de crise, une analyse approfondie est essentielle. Nous avons recueilli les perspectives d’experts tels que Étienne Fakaba Sissoko de la CFR, Gilles Yabi de WATHI, et le sociologue Mohamed Abdellahi Elkhalil, qui éclairent les dynamiques actuelles et les défis futurs pour la stabilité du Mali.