L’ONU renouvelle son appui à la médiation togolaise pour l’est de la rdc

Faure Gnassingbé et James Swan

James Swan, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC et chef de la MONUSCO, accompagné de Huang Xia, envoyé spécial onusien pour la région des Grands Lacs, a été reçu le lundi 8 juin 2026 à Lomé par Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil togolais et médiateur de l’Union africaine.

D’après la présidence togolaise, les discussions ont principalement concerné le bilan des démarches diplomatiques en cours et l’apport de l’ONU au processus de médiation piloté par l’UA, en quête d’une solution pérenne à la crise qui sévit dans l’est de la RDC.

Impliqués dans la recherche de paix et de stabilité à l’est de la RDC et dans la région des Grands Lacs, les deux hauts responsables des Nations unies se trouvent à Lomé pour participer à la réunion semestrielle d’évaluation de la médiation africaine.

Les émissaires onusiens ont loué l’implication du Togo en faveur de la paix, de la stabilité et du règlement pacifique des différends en Afrique. Ils ont réitéré leur volonté d’épauler l’action du président du Conseil, médiateur désigné par l’UA, pour parvenir à un règlement juste et durable de la crise qui affecte cette région.

Désigné médiateur de l’UA pour la crise dans l’est de la RDC en succession du président angolais João Lourenço, Faure Gnassingbé mène depuis plusieurs mois de nombreuses consultations avec l’ONU pour promouvoir une approche concertée en vue de la paix dans les Grands Lacs.

La venue de James Swan à Lomé est particulièrement significative. En poste depuis près de deux mois, il participe pour la première fois à la réunion semestrielle d’évaluation des initiatives de paix de la médiation africaine dirigée par le Togo.

Cette réunion a lieu alors que, malgré l’Accord de Washington et les multiples réunions d’évaluation, la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la RDC ne cesse de se dégrader. Une détérioration qui persiste en dépit de la multiplication des initiatives diplomatiques visant à résoudre la crise.

La perte de confiance entre les parties et le manque de volonté politique de certains acteurs régionaux, qui entravent la mise en œuvre effective des engagements, constituent des obstacles majeurs pour les médiateurs, notamment les États-Unis et le Qatar. Ceux-ci sont invités à poursuivre leurs efforts pour trouver une issue à la crise sécuritaire actuelle, marquée par la rébellion de l’AFC/M23, que Kinshasa accuse d’être soutenue par le Rwanda.

Face à cette situation, de nombreuses voix s’élèvent aux niveaux national, régional et international pour exhorter les protagonistes à respecter leurs engagements pris dans le cadre des initiatives de paix. Cependant, ces appels restent jusqu’ici sans résultat tangible. L’objectif de combler l’écart entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques théoriques peine à se concrétiser. Chaque partie continue d’interpréter les termes de l’accord selon sa propre perspective, rendant son application de plus en plus hypothétique.

Il en va de même pour le processus de Doha, conduit sous l’égide du Qatar. Malgré plusieurs cycles de pourparlers, Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23 ne parviennent toujours pas à aligner leurs positions sur les points de divergence clés. L’étape de Montreux, en Suisse, censée donner un nouvel élan à ce processus, n’a pas atteint ses objectifs. Les engagements pris lors de cette phase de négociations n’ont pas été tenus, tandis que la dégradation de la situation sécuritaire au Moyen-Orient a également contribué à reléguer ce dossier au second plan, ralentissant encore les efforts de médiation.