La situation de la liberté de la presse au Niger s’aggrave depuis le coup d’État de juillet 2023. La disparition récente du journaliste Moussa Kaka et les multiples restrictions imposées aux médias soulèvent des questions sur l’avenir de l’information dans le pays.
une disparition qui alerte la communauté internationale
Moussa Kaka, journaliste à la Radio-télévision Saraounia (RTS) de Niamey, n’a plus été aperçu depuis le 31 août 2026. Sa disparition survient dans un contexte de tensions sociales et politiques, deux jours après une mutinerie dans la capitale. Plusieurs organisations non gouvernementales appellent les autorités nigériennes à éclaircir les circonstances de son enlèvement.
restrictions et pressions : les médias nigériens sous haute surveillance
Depuis l’arrivée au pouvoir du général Abdourahamane Tiani, les médias indépendants subissent une répression accrue. Le Niger recule de 37 places dans le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF), occupant désormais la 120e position. Neuf médias français ont été suspendus par l’Observatoire national de la communication, renforçant l’isolement médiatique du pays.
arrestations et intimidations : des journalistes ciblés
- Ibro Chaibou, secrétaire de rédaction de la RTS, a été arrêté en octobre 2025 sous le motif de cybercriminalité avant d’être libéré.
- Samira Sabou a été détenue à l’isolement pendant huit jours en 2023 pour diffusion de données jugées compromettantes.
- Ces cas illustrent une stratégie systématique de musèlement des voix critiques.
une économie des médias fragilisée
Les difficultés financières s’ajoutent aux pressions politiques. Le 10 septembre 2026, le Conseil des ministres a adopté deux nouveaux textes pour encadrer la presse électronique et les correspondants étrangers. Ces mesures, perçues comme des entraves supplémentaires, confirment la volonté des autorités de contrôler l’information.
un espace civique en danger
Les observateurs dénoncent un « rétrécissement général de l’espace civique » au Niger. Entre disparitions forcées, censure réglementaire et difficultés économiques, les médias locaux et internationaux peinent à exercer leur mission d’information. La situation appelle une mobilisation urgente des acteurs nationaux et internationaux pour préserver la liberté de la presse.