Le Maroc s’engage résolument dans une nouvelle ère pour son secteur du commerce électronique. Le ministère de l’Industrie et du Commerce est en phase d’élaboration d’une stratégie nationale ambitieuse, visant à structurer cette industrie, à en optimiser la compétitivité et à étendre son rayonnement sur les marchés internationaux. L’objectif est clair : ériger le Royaume en une plateforme d’e-commerce incontournable pour le continent africain.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de croissance exponentielle du commerce en ligne à l’échelle planétaire. Les données officielles révèlent un marché global ayant atteint 5 800 milliards de dollars en 2023, avec des projections impressionnantes de 8 000 milliards de dollars d’ici 2027. Au Maroc, cette dynamique est également palpable, le chiffre d’affaires du secteur ayant déjà culminé à 19 milliards de dirhams en septembre 2023, grâce à une progression annuelle moyenne supérieure à 30%.
Malgré ce potentiel prometteur, l’essor du e-commerce marocain rencontre encore des obstacles. Les autorités identifient des défis majeurs, notamment en ce qui concerne le cadre juridique, la fiscalité, la logistique et l’organisation générale du marché. La question de la confiance des consommateurs demeure également un enjeu central, alors que le paiement à la livraison, méthode longtemps prédominante, ne suffit plus à couvrir l’ensemble des besoins et des attentes des utilisateurs numériques.
Les revenus du commerce électronique en Afrique dépasseront 46 MM$ en 2025 © DRUne feuille de route stratégique pour l’e-commerce marocain
Le ministère prévoit, dans un premier temps, de lancer une étude approfondie du secteur afin d’établir un diagnostic précis de son état actuel. Cette analyse couvrira la gouvernance, les infrastructures numériques et logistiques disponibles, les divers modèles économiques en vigueur, ainsi que l’impact du commerce électronique sur des filières clés telles que l’agroalimentaire et le textile. L’étude prendra également en compte les opportunités générées par la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).
La future stratégie s’inspirera également des succès observés à l’étranger pour identifier les meilleures pratiques et formuler des recommandations spécifiquement adaptées au contexte marocain. L’objectif ultime est de définir un modèle de développement clair d’ici 2030, assorti d’indicateurs précis en termes de croissance, de création d’emplois, d’investissements, d’intégration des petites et moyennes entreprises (PME) et d’expansion à l’international.
