La diplomatie franco-marocaine en pleine renaissance

Le Premier ministre français en visite à Rabat pour sceller un nouveau chapitre diplomatique

Une relance spectaculaire des relations entre la France et le Maroc se confirme avec la visite officielle de Sébastien Lecornu à Rabat. Accueilli en grande pompe par son homologue Aziz Akhannouch, le chef du gouvernement français a ouvert une 15e session de haut niveau entre les deux délégations, une instance de dialogue qui n’avait plus été réunie depuis 2019. Cette rencontre marque un tournant décisif après des années de tensions et de malentendus.

Lors de son discours d’ouverture, Sébastien Lecornu a évoqué un « moment charnière » dans l’histoire bilatérale. Il a souligné les intérêts convergents des deux pays, notamment sur le continent africain où la menace terroriste au Sahel pèse sur leurs stratégies de sécurité. Le Premier ministre français a proposé de faire du Maroc un « port d’amarrage » pour renforcer le dialogue entre Rabat et l’Union européenne, une initiative saluée par le côté marocain.

Un traité d’amitié et une visite royale en perspective

Parmi les annonces les plus marquantes, la perspective d’un traité d’amitié exceptionnel entre les deux nations a été confirmée. Ce texte, qualifié de « hors normes », pourrait être signé lors d’une future visite du roi Mohammed VI en France. Bien que les calendriers restent à préciser, cette initiative symbolise la volonté des deux pays de tourner définitivement la page des divergences passées.

Cette dynamique s’inscrit dans la continuité d’un rapprochement initié à l’été 2024, lorsque la France a reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Une décision qui avait provoqué la colère d’Alger mais ouvert la voie à une coopération renforcée entre Paris et Rabat.

Sécurité et partenariats économiques au cœur des discussions

Les échanges entre les deux délégations, composées de douze ministres français dont Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères) et Laurent Nunez (Intérieur), ont porté sur des sujets aussi variés que la lutte contre le terrorisme, la stabilité régionale et les partenariats économiques. Aziz Akhannouch a insisté sur la nécessité d’« accélérer la mise en œuvre des engagements » pris lors du précédent partenariat d’exception signé en 2024, tout en préparant les prochaines étapes d’une collaboration approfondie.

La question de la sécurité au Sahel a occupé une place centrale dans les discussions. Les deux pays, confrontés à la montée des groupes djihadistes dans la région, ont réaffirmé leur volonté de renforcer leur coordination et d’explorer de nouvelles voies de coopération pour contrer cette menace qui pèse sur la stabilité du continent africain.

Des relations apaisées malgré les ombres du passé

Le rapprochement franco-marocain n’a pas été sans obstacles. Les soupçons d’espionnage via le logiciel Pegasus, qui avaient pesé sur les relations entre les deux pays, ont été évoqués lors de la rencontre. Sébastien Lecornu a rappelé que la France étudiait l’acquisition de ce logiciel sans jamais l’avoir utilisé contre des intérêts français. Le Maroc, de son côté, a toujours démenti avec véhémence les allégations d’espionnage, qualifiant ces affirmations de « mensongères et infondées ».

Malgré ces tensions résiduelles, l’ambiance générale lors de la visite a été marquée par un optimisme prudent. Le roi Mohammed VI a salué dans un message relayé par l’agence MAP la « consolidation » des relations privilégiées entre les deux pays, soulignant que l’heure était désormais à l’action et à la concrétisation des promesses faites.

Cette visite de Sébastien Lecornu à Rabat s’inscrit donc comme une étape clé dans la renaissance des relations franco-marocaines, avec l’espoir d’un avenir commun plus stable et prospère pour les deux nations.