La can tous les quatre ans : pourquoi la caf a-t-elle fait marche arrière aussi rapidement ?

Écouter la lecture⏱ ~6 min

Le virage à 180° de la caf : une décision cruciale pour l’avenir du football africain

Pourquoi la Confédération africaine de football (CAF) a-t-elle abandonné si vite son projet ambitieux d’organiser la Coupe d’Afrique des nations (CAN) tous les quatre ans ? Réuni en octobre 2026, son Comité exécutif a finalement tranché : la compétition retrouvera son rythme biennal dès 2027. Un revirement qui révèle des tensions entre ambitions sportives, réalités économiques et complexité du calendrier international.

Des ambitions révisées : pourquoi la réforme de la can a échoué

En décembre 2025, la CAF, alors présidée par Patrice Motsepe, avait annoncé un bouleversement majeur : dès 2028, la CAN passerait d’un format biennal à un format quadriennal. L’objectif ? Réorganiser le calendrier des compétitions internationales, éviter les chevauchements avec les rendez-vous des clubs et offrir une visibilité accrue aux sélections africaines. Pourtant, moins d’un an plus tard, le projet était abandonné.

La raison ? Une équation impossible à résoudre : comment remplacer une compétition phare comme la CAN par un nouveau format, la Ligue des Nations africaine, sans mettre en péril les finances de la CAF et des 54 fédérations membres ? Les réticences des acteurs du football continental ont clairement joué un rôle dans cette volte-face.

La can, une poule aux œufs d’or impossible à remplacer

La CAN n’est pas qu’un simple tournoi : c’est une véritable machine à revenus. Sponsors, diffuseurs, partenaires commerciaux et millions de supporters en font une source financière vitale pour la CAF. En espacer la fréquence revenait à prendre un risque économique majeur, sans garantie immédiate de compensation.

La Ligue des Nations africaine, présentée comme la solution de remplacement, devait prendre le relais. Mais sa mise en place posait plusieurs défis :

  • Une notoriété à construire : contrairement à la CAN, cette nouvelle compétition partait de zéro en termes d’audience et d’attractivité.
  • Des retombées financières incertaines : la CAF elle-même reconnaissait que plusieurs années seraient nécessaires avant que la Ligue des Nations ne génère des revenus comparables à ceux de la CAN.
  • Un calendrier déjà saturé : insérer une nouvelle compétition dans un emploi du temps déjà chargé des sélections africaines s’annonçait comme un casse-tête.

Le calendrier international, un casse-tête persistant

Le football africain ne évolue pas en vase clos. Les contraintes imposées par la FIFA, les engagements des clubs européens et les calendriers des autres confédérations compliquent chaque tentative de réforme. En passant à un format quadriennal, la CAF voulait désengorger ce calendrier, mais elle a sous-estimé la difficulté à concilier les exigences de tous les acteurs.

Le retour à la biennale ne signifie pas pour autant que la CAF renonce à toute adaptation. Le nouveau calendrier prévoit des éditions en 2027, 2028, 2031 et 2033, évitant ainsi les chevauchements avec la Coupe du monde 2030. Une solution pragmatique, mais qui laisse entier le problème de fond : comment moderniser le football africain sans sacrifier ses piliers traditionnels ?

Les fédérations africaines, premières gagnantes de ce revirement

Derrière les chiffres et les calendriers se cachent des réalités humaines et économiques. Pour les 54 fédérations membres de la CAF, la CAN représente bien plus qu’un tournoi : c’est une source de financements vitaux pour le développement du football local.

En maintenant un rythme biennal, la CAF préserve ces revenus et offre aux fédérations une stabilité dont elles ont cruellement besoin. De plus, pour les joueurs africains évoluant à l’étranger, cette décision permet de garder un rendez-vous continental régulier, essentiel pour leur visibilité et leur carrière.

Patrice Motsepe, lors de l’annonce du revirement, a souligné l’importance de protéger ces intérêts. Un choix qui tranche avec l’enthousiasme initial pour une réforme dont les bénéfices à court terme semblaient incertains.

Quelle suite pour le football africain après ce retour en arrière ?

La CAF a évité l’écueil d’une transition risquée, mais le football africain reste à la croisée des chemins. Si la CAN conserve sa place centrale, son organisation doit évoluer pour répondre aux défis modernes :

  • Une meilleure gestion des calendriers pour éviter l’épuisement des joueurs et des clubs.
  • Un renforcement des compétitions locales pour donner plus de visibilité aux talents africains.
  • Une diversification des sources de revenus pour réduire la dépendance à la CAN.

Le retour à la biennale est un soulagement, mais il ne résout pas tous les problèmes. La CAF devra désormais prouver qu’elle peut concilier tradition et modernité, sans répéter les erreurs du passé. Pour l’Afrique du football, l’enjeu reste de taille : transformer cette compétition historique en un levier de développement durable.

Flux RSS & XML :

More From Author

Netanyahou en tête mais sans majorité : quels défis pour Israël et le Moyen-Orient ?

Binance dans la tourmente : jusqu’où peut-on encore faire confiance aux géants des cryptomonnaies ?