Justice sénégalaise : la tactique secrète pour écarter sonko en 2029

Justice sénégalaise : la tactique secrète pour écarter Sonko en 2029

Portrait d'Ousmane Sonko, figure politique sénégalaise

Les nominations récentes de magistrats au sommet de la justice sénégalaise réveillent les tensions politiques. L’objectif ? Préparer, selon les observateurs, l’exclusion d’Ousmane Sonko des prochaines élections présidentielles.

Le paysage judiciaire sénégalais vient de subir une refonte majeure avec la nomination de deux figures controversées : Ousmane Diagne à la tête du Conseil constitutionnel et Serigne Bassirou Guèye à l’avocat général de la Cour d’Appel de Saint-Louis. Pour l’analyste politique Mamadou Wane, surnommé « Mao », le président Bassirou Diomaye Faye manie l’art de la manœuvre en plaçant des magistrats liés à l’ancien régime dans des postes stratégiques. L’objectif affiché ? Limiter l’influence d’Ousmane Sonko en vue de 2029. Pourtant, cette stratégie pourrait se heurter à la détermination d’un peuple sénégalais habitué aux combats politiques et à un parti, le PASTEF, plus solide que jamais.

« Le chef de l’État mise sur une tactique de révisionnisme judiciaire pour écarter Sonko », explique Mamadou Wane. Selon lui, le pouvoir en place cherche à instrumentaliser la justice en plaçant des magistrats aux loyautés ambiguës. Une manœuvre risquée, car elle sous-estime la résilience d’un peuple sénégalais qui a déjà fait plier des régimes par le passé. « Les Sénégalais ne se laisseront pas faire », martèle l’analyste, rappelant que Sonko a toujours bénéficié d’un soutien populaire indéfectible, même lors des crises les plus vives.

Les tensions entre les nouveaux magistrats et Ousmane Sonko ne datent pas d’hier. Ousmane Diagne, ancien ministre de la Justice, a été critiqué pour sa lenteur dans le traitement des dossiers liés aux crimes politiques entre 2012 et 2024. Quant à Serigne Bassirou Guèye, il est directement visé par les accusations de Sonko, qui l’accuse d’avoir falsifié des preuves dans l’affaire du complot et du viol pour le discréditer politiquement. Une pratique inacceptable pour Mamadou Wane : « Un magistrat qui recourt à de telles méthodes n’a plus sa place dans la justice. »

Un retour en arrière vers l’ère néocoloniale ?

Pour l’observateur politique, ces nominations s’inscrivent dans une volonté de restaurer un système qu’il qualifie de « néocolonial ». Une logique de révisionnisme qui vise à marginaliser les forces patriotiques au profit d’une coalition centrée sur l’ancien pouvoir. « La rupture est consommée entre ceux qui veulent revenir à l’ordre ancien et ceux qui défendent la souveraineté nationale », déclare-t-il.

Mamadou Wane met en garde le président Faye et ses partisans : tenter d’exclure Sonko serait une erreur stratégique. « Le peuple sénégalais a prouvé qu’il sait se mobiliser. Vouloir liquider politiquement Sonko en s’appuyant sur des procédures douteuses est une illusion qui ne survivra pas à la réalité du terrain », affirme-t-il. Selon lui, la force du PASTEF et son ancrage populaire rendent toute manœuvre d’exclusion inefficace.

Le PASTEF, un parti en pleine expansion

L’engouement autour des cartes du PASTEF est un indicateur puissant de sa vitalité. « Aujourd’hui, c’est le parti le mieux structuré, le plus dynamique et celui qui bénéficie d’un leadership charismatique autour d’Ousmane Sonko », souligne Mamadou Wane. Cette organisation, couplée à un réseau militant solide, fait la différence sur le terrain.

Le politologue insiste sur la maturité démocratique acquise par les Sénégalais lors des alternances politiques de 2000 et 2012, renforcée par les trois années de lutte acharnée entre 2021 et 2024. « En 2021, le peuple n’a pas abandonné après quelques jours. Il a tenu trois ans, apprenant à résister et à faire reculer un régime, quel que soit son arsenal », rappelle-t-il. Cette expérience collective rend toute tentative d’élimination politique de Sonko d’ores et déjà vouée à l’échec.