Ecobank Côte d’Ivoire ne se contente plus d’être un simple financeur : la filiale ivoirienne du groupe panafricain ambitionne désormais de devenir un pilier stratégique pour l’économie ivoirienne. Lors d’une rencontre avec la presse économique, ses dirigeants ont exposé leur vision ambitieuse : mesurer concrètement leur impact tout en soutenant des secteurs clés sur le long terme.
Cibler les secteurs porteurs pour une croissance durable
« Notre mission va bien au-delà des chiffres et des discours. Nous réalisons un diagnostic approfondi des économies où nous opérons pour y investir de manière ciblée », explique Paul-Harry Aithnard, directeur général d’Ecobank Côte d’Ivoire. Parmi les secteurs prioritaires, les infrastructures s’imposent comme un levier essentiel pour l’émergence économique du pays. L’agriculture, qui représente 16 % du PIB ivoirien, est également au cœur de sa stratégie, avec un desk dédié depuis 2025. Les secteurs minier et pétrolier, en pleine expansion, bénéficient eux aussi d’une attention particulière. Oumar Sangaré, directeur du pôle banque d’investissement, souligne : « Nous sommes la première banque locale à créer une unité spécialisée dans ces domaines, alignant notre stratégie sur le Plan National de Développement du gouvernement. »
Industrialisation et digitalisation : les piliers d’une croissance vertueuse
Pour Ecobank Côte d’Ivoire, l’industrialisation est la clé d’une croissance stable et non erratique. S’inspirant de l’exemple de la Malaisie, passée d’un PIB de 100 à 400 milliards de dollars en 25 ans, la filiale ivoirienne mise sur une approche collective. « Notre rôle est double : mobiliser les financements et faciliter les connexions entre l’État, les opérateurs locaux et les investisseurs internationaux », détaille Paul-Harry Aithnard.
La digitalisation joue un rôle central dans cette transformation. Aujourd’hui, 80 % des transactions bancaires se font via des canaux digitaux, une avancée majeure pour toucher les populations non bancarisées, y compris en zones rurales. « L’ouverture de comptes en ligne et les services dématérialisés réduisent les barrières à l’inclusion financière », précise Korede Odjo-Bella, directrice de la banque des particuliers.
La banque mise également sur la mobilisation de la diaspora, avec des solutions comme l’ouverture de comptes à distance et l’accompagnement de projets d’investissement. Sur le plan régional, Ecobank Côte d’Ivoire se positionne comme un facilitateur pour les investisseurs étrangers, notamment européens et asiatiques.
Une banque de proximité ancrée dans le numérique
Malgré des ambitions claires, Ecobank Côte d’Ivoire doit relever plusieurs défis structurels. Le financement de l’industrialisation passe par l’émergence de champions nationaux et le renforcement des infrastructures. L’inclusion financière, quant à elle, se heurte à un taux d’alphabétisation encore faible, limitant l’accès à la formation professionnelle. La solution ? La digitalisation. La banque propose des parcours 100 % digitaux (comptes en ligne, paiements par alias, retraits sans carte) tout en conservant ses agences, réinventées en espaces de conseil. « Le digital nous permet de passer de la transaction à l’accompagnement personnalisé », insiste Korede Odjo-Bella.
Pour toucher les zones reculées, Ecobank mise sur son produit phare, Point Xpress, et des partenariats locaux, évitant l’ouverture massive d’agences. La sécurité des données est une autre priorité, avec des tests de pénétration réguliers et une gouvernance renforcée pour protéger les informations clients. Face aux craintes d’une suppression d’emplois en agence, la direction rassure : « Le digital est un levier de requalification, pas de destruction d’emplois. Les conseillers deviennent des experts, et les PME financées créent de nouvelles opportunités. »
Ecobank Côte d’Ivoire, un acteur clé du développement
Entre ambitions transformatrices et défis structurels, Ecobank Côte d’Ivoire se positionne comme un acteur incontournable du paysage financier ivoirien et régional. Son objectif ? Passer du statut de financeur à celui d’architecte du développement économique, en combinant innovation, inclusion et croissance durable.
