crise politique au Sénégal : sonko dénonce la gestion des fonds publics
À l’Assemblée nationale, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a marqué les esprits ce vendredi 22 mai 2026 en affichant publiquement son opposition à la gestion des fonds politiques par le chef de l’État. Lors d’un échange tendu avec les députés, il a affirmé sans détour que le président de la République a « commis une erreur » sur ce dossier épineux, tout en espérant un revirement de sa part.
Intervenant dans le cadre des questions d’actualité, Sonko s’est montré ferme : « Je ne suis pas d’accord avec lui sur cette question », a-t-il déclaré, soulignant l’urgence d’une réforme pour garantir une meilleure transparence.
transparence des fonds politiques : un combat de longue date pour sonko
Le Premier ministre a rappelé que la question de la supervision des fonds politiques occupe une place centrale dans son engagement politique depuis plus d’une décennie. Dès 2014, son mouvement a porté ce débat, avant de l’inscrire dans son programme de 2019. Pourtant, malgré les promesses électorales de 2024, aucune avancée significative n’a été constatée, selon lui.
Pour Ousmane Sonko, l’enjeu n’est pas de supprimer ces fonds spéciaux, mais de les encadrer rigoureusement. Il a proposé un système de contrôle inspiré de celui en vigueur en France, afin d’éviter toute dérive ou utilisation opaque des ressources publiques.
un fonds déjà sous haute surveillance à la primature
Le chef du gouvernement a également balayé les rumeurs selon lesquelles ces fonds pourraient être transférés à la Primature. Il a rappelé que son cabinet dispose déjà d’un budget dépassant le milliard de francs CFA, mais que l’essentiel réside dans la confiance des citoyens.
D’après lui, les Sénégalais perçoivent souvent ces ressources comme des outils de corruption, destinées à « acheter des militants ». Une perception qu’il juge dangereuse et qu’il entend combattre en instaurant un cadre légal strict.
l’intégrité publique au cœur des débats
Lors de son intervention, Sonko a réaffirmé avec force que « aucun centime ne doit échapper au contrôle ». Pour lui, la crédibilité de l’État repose sur la transparence, et chaque franc public doit être justifié. Une position qui reflète l’importance accordée à la gouvernance dans son action politique.
Ce désaccord public entre le Premier ministre et le président de la République pourrait marquer un tournant dans la gestion des affaires publiques au Sénégal, où la question de la transparence financière reste un sujet de tension.
