Crise politique au Mali : l’ONU met en garde contre la répression et l’absence d’élections
L’Organisation des Nations Unies exprime une vive préoccupation face à l’évolution de la situation au Mali. Par la voix de son Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, les Nations Unies alertent sur l’aggravation des restrictions contre la société civile ainsi que sur le report indéfini du processus électoral.

Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, a formulé une mise en garde solennelle concernant la dégradation des conditions démocratiques au Mali. Dans un communiqué, il souligne « l’intensification inquiétante de la répression » visant les acteurs de la société civile malienne, tout en pointant du doigt l’absence totale de calendrier électoral.
Selon le responsable onusien, « les récentes modifications législatives adoptées risquent d’hypothéquer durablement le respect des droits fondamentaux au Mali ». Il appelle sans délai les autorités de transition à révoquer ces textes controversés et à restaurer un cadre juridique conforme aux engagements internationaux.
Un mandat présidentiel illimité et des voix étouffées
Le général Assimi Goïta, à la tête du pouvoir depuis 2021, a récemment fait adopter une loi lui octroyant un mandat présidentiel sans limite de durée, transformant de facto sa fonction en présidence à vie. « Ces bouleversements institutionnels verrouillent toute perspective d’élections démocratiques dans un avenir proche, en violation flagrante du droit des citoyens à participer aux affaires publiques. Ces dispositions doivent être abrogées sans tarder », insiste Volker Türk.
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large : dès le mois de mai, les partis politiques ont été dissous, renvoyant leur sort à l’examen de la Cour Constitutionnelle malienne.
Appel à la libération des détenus politiques
Parallèlement, plusieurs personnalités de la société civile et anciens responsables politiques font l’objet d’arrestations arbitraires. Parmi eux figurent Clément Dembélé, militant anticorruption, et Choguel Maïga, ancien Premier ministre. « L’escalade alarmante des interpellations, souvent fondées sur des accusations floues de menaces à la stabilité nationale, révèle une volonté manifeste de museler toute dissidence. Ces pratiques sont inacceptables », déclare le Haut-Commissaire, exigeant la remise en liberté immédiate de tous les détenus politiques.
« Il est urgent de mettre fin à cette instrumentalisation des lois pour étouffer la liberté d’expression », conclut-il, rappelant que le respect des droits humains et des principes démocratiques constitue un pilier essentiel de la stabilité régionale.
