Un groupe militaire annonce la destitution du président talon
Un événement inattendu a marqué la matinée du dimanche 7 décembre au Bénin. Un groupe de militaires, se présentant sous l’appellation « Comité militaire pour la refondation » (CMR), a annoncé sur les ondes de la télévision publique béninoise avoir « démis de ses fonctions » le président Patrice Talon. Peu après cette annonce, le signal de la chaîne a été interrompu.
Une réaction immédiate des autorités béninoises
Dans les heures qui ont suivi cette tentative de renversement, une source proche de l’entourage présidentiel a rassuré la population. Elle a confirmé que le président Talon était en sécurité et que l’armée régulière reprenait progressivement le contrôle de la situation. « Il s’agit d’un groupuscule isolé qui n’a réussi à prendre que le contrôle de la télévision. L’armée est déjà en train de rétablir l’ordre. Cotonou et l’ensemble du pays sont sécurisés », a-t-elle déclaré.
Des tirs signalés près de la résidence présidentielle
L’ambassade de France au Bénin a publié un communiqué sur X (ex-Twitter) dimanche matin, mentionnant des « coups de feu entendus près de la résidence du président de la République » à Cotonou. Elle a recommandé aux ressortissants français de rester chez eux par mesure de précaution.
Une situation rapidement maîtrisée selon les militaires
Une source militaire a confirmé que la situation était « sous contrôle » et que les putschistes n’avaient pu s’emparer ni de la résidence présidentielle ni des locaux de la présidence. « La normalisation est en cours. Le nettoyage des zones sensibles se déroule comme prévu. Tout rentrera dans l’ordre sous peu », a-t-elle expliqué.
Des restrictions temporaires dans la capitale économique
Dès les premières heures du dimanche, des barrages militaires ont été installés autour de la télévision nationale et du palais présidentiel. Plusieurs zones stratégiques, dont le Sofitel de Cotonou et certains quartiers abritant des institutions internationales, ont également été placées sous contrôle. En revanche, l’aéroport et le reste de la ville fonctionnaient normalement, avec une activité quotidienne maintenue.
Contexte politique et tensions au Bénin
Le Bénin, souvent cité pour sa stabilité relative en Afrique de l’Ouest, n’est pas à l’abri des soubresauts politiques. Patrice Talon, en poste depuis 2016, doit achever son second mandat en 2026, conformément à la Constitution. Son gouvernement est critiqué par certains pour son virage autoritaire, malgré des avancées économiques notables. L’opposition, marginalisée lors des prochaines élections, dénonce un « durcissement du régime ».
Un pays sous surveillance dans une région instable
Le Bénin partage des frontières avec le Niger, le Burkina Faso et le Togo, des pays confrontés à des crises sécuritaires majeures liées aux groupes djihadistes. Bien que moins exposé que ses voisins, le pays reste vigilant face aux risques de déstabilisation. Patrice Talon a su tirer parti de cette stabilité relative pour attirer des investissements, mais les récents événements rappellent les fragilités persistantes du système politique béninois.
