Côte d’Ivoire : le ministre Diarrassouba met en avant la croissance économique ivoirienne

Avec l’un des rythmes de croissance les plus dynamiques d’Afrique subsaharienne, la Côte d’Ivoire renforce son positionnement sur la scène économique continentale. Souleymane Diarrassouba, ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des PME, a détaillé à Abidjan les avancées majeures réalisées ces dernières années. Son intervention s’est articulée autour d’une vision claire : transformer durablement l’économie ivoirienne grâce à l’industrialisation, aux investissements publics et à la diversification des activités productives.

L’industrie locale au cœur de la stratégie économique

Le gouvernement ivoirien place la transformation industrielle au centre de sa politique économique. L’objectif est clair : réduire la dépendance historique aux exportations de matières premières non transformées. Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire accélère sa stratégie de valorisation locale de ses ressources agricoles. Souleymane Diarrassouba a souligné les progrès accomplis dans la création de zones industrielles stratégiques, notamment autour d’Abidjan, de San Pedro et de Bouaké. Ces pôles, présentés comme des moteurs de compétitivité, visent à stimuler la création d’emplois et à renforcer l’attractivité économique du pays.

Le ministre a également mis en lumière le soutien apporté aux petites et moyennes entreprises. L’accompagnement des PME, l’accès au financement et la formalisation de l’économie informelle figurent parmi les priorités de son ministère. Plusieurs dispositifs ont été mis en place pour intégrer les acteurs du secteur informel dans l’économie formelle, une démarche saluée par les partenaires multilatéraux.

Infrastructures et attractivité : les piliers de la croissance

L’exécutif ivoirien met en avant les investissements massifs consentis dans les infrastructures de transport, d’énergie et de logistique. Ports modernisés, autoroutes en expansion et augmentation des capacités de production électrique : ces réalisations s’inscrivent dans le cadre du Plan national de développement, qui structure les priorités économiques du pays sur le long terme.

Abidjan se positionne comme un pôle d’attraction pour les investisseurs étrangers, notamment dans les secteurs de l’agro-industrie, de la logistique et des services financiers. Le climat des affaires s’améliore progressivement, porté par des réformes réglementaires continues. La Côte d’Ivoire ambitionne de confirmer son rôle de hub économique au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), face à une concurrence régionale accrue, notamment avec le Sénégal et le Ghana.

Cependant, certains défis persistent. Les observateurs soulignent des inégalités territoriales persistantes entre le Nord et le Sud du pays, ainsi que des questions liées à la redistribution des fruits de la croissance et à l’endettement public. Le Fonds monétaire international, tout en reconnaissant la solidité des fondamentaux ivoiriens, recommande une consolidation budgétaire progressive.

Un discours stratégique à l’approche d’échéances politiques

Le timing de cette intervention n’est pas le fruit du hasard. À quelques encablures d’échéances politiques majeures, le gouvernement d’Alassane Ouattara mobilise ses équipes pour valoriser un bilan qu’il juge remarquable. La présentation de Souleymane Diarrassouba s’inscrit dans une démarche coordonnée de communication institutionnelle, visant à renforcer l’image d’une gestion économique maîtrisée, tant auprès des citoyens qu’à l’international.

Pour les investisseurs et les analystes, l’enjeu va bien au-delà de la simple communication. La capacité de la Côte d’Ivoire à maintenir sa trajectoire de croissance, à absorber les chocs externes et à poursuivre sa transformation industrielle déterminera en grande partie son accès aux marchés financiers. Les prochains arbitrages budgétaires, notamment sur les subventions et les investissements publics, seront cruciaux pour crédibiliser le discours porté par le ministre du Commerce et de l’Industrie.

Dans un contexte où la compétition entre les capitales ouest-africaines s’intensifie, Abidjan joue une carte à la fois économique et diplomatique. Le bilan présenté par Souleymane Diarrassouba vise précisément à consolider cette position, en consolidant l’image d’un pays en pleine mutation.