La décision, présumée du ministère de l’Administration territoriale, de retirer le titre officiel reconnu à Togbui Adjikou Lanklivi 1er, chef traditionnel du quartier Adakpamé Kpota-Colas à Lomé, attise les tensions au Togo. Depuis quelques jours, cette affaire agite les débats publics, mêlant questions juridiques, enjeux protocolaires et rivalités d’autorité au sein des sphères coutumières et politiques.
Les rumeurs circulent après la révélation d’un possible retrait de l’arrêté de reconnaissance, sans pour autant qu’un communiqué officiel ne vienne confirmer cette information. Pourtant, les répercussions sont déjà visibles : interprétations divergentes, interrogations sur les motifs réels de cette mesure et craintes d’un embrasement des tensions locales.
Un incident protocolaire à l’origine de la crise
Le cœur du conflit réside dans un incident survenu lors de la cérémonie de vœux de Nouvel An adressés au président du Conseil, Faure Gnassingbé. Plusieurs sources s’accordent à dire que la présence de Togbui Lanklivi lors de cet événement aurait déclenché une polémique.
En effet, selon les règles protocolaires en vigueur, seul un cercle restreint de chefs traditionnels, préalablement sélectionnés, était autorisé à participer. Or, le nom du chef d’Adakpamé Kpota-Colas n’apparaissait pas sur la liste des invités officiels. Cette absence de convocation a été perçue par certains responsables administratifs comme un manquement aux règles établies, voire comme une tentative de contournement des procédures en place.
Une décision qui divise les communautés locales
Au-delà des considérations administratives, cette affaire touche à la légitimité même des autorités traditionnelles. À Adakpamé, les habitants et les partisans de Togbui Lanklivi dénoncent une décision qu’ils jugent excessive et injustifiée. Ils rappellent les nombreuses actions menées par le chef ces dernières années au service de la communauté : médiation sociale, soutien aux populations vulnérables, accompagnement de la jeunesse, et promotion du vivre-ensemble dans le quartier.
Cette mobilisation reflète l’attachement des riverains à leur représentant coutumier, dont l’influence dépasse largement le cadre strict de la chefferie pour s’étendre à des initiatives locales essentielles pour la cohésion sociale.
Entre respect des règles et légitimité coutumière
Certains observateurs soulignent que cette affaire met en lumière les tensions structurelles entre, d’une part, les exigences administratives de discipline et de conformité protocolaires, et d’autre part, la légitimité ancrée dans les traditions et les coutumes locales. Au Togo, la reconnaissance des chefs traditionnels repose sur des procédures officielles strictes, encadrant leur rôle et leur représentativité.
Dans ce contexte, toute dérogation aux règles peut rapidement prendre une dimension politique et symbolique, parfois lourde de conséquences pour l’équilibre entre institutions étatiques et autorités coutumières.
Une figure incontournable à Adakpamé
Togbui Adjikou Lanklivi 1er, officiellement intronisé en 2024 comme chef du quartier Adakpamé Kpota-Colas, s’est imposé au fil des années comme une personnalité influente et respectée. Son engagement constant dans des projets communautaires et des actions de proximité a renforcé son ancrage local.
Pourtant, l’absence de communication claire et officielle du ministère de l’Administration territoriale alimente les spéculations et laisse planer le doute sur les véritables raisons de cette mesure. Les interrogations persistent, alimentant un climat de méfiance et de frustration au sein de la population.
Appel à la transparence pour apaiser les tensions
Alors que les échanges s’intensifient sur les réseaux sociaux et dans les cercles politiques, plusieurs voix plaident en faveur d’une clarification urgente de la part des autorités compétentes. L’objectif : éviter que cette polémique ne s’envenime davantage et ne dégénère en un conflit plus large.
Cette affaire rappelle par ailleurs l’importance cruciale de la chefferie traditionnelle dans l’organisation sociale et politique du Togo. Elle interroge sur les équilibres délicats entre pouvoir administratif, légitimité coutumière et représentativité locale, à un moment où ces enjeux sont plus que jamais sous les projecteurs.
