Cession Thali : les réactions autour de l’entrée de Prime Global Energies dans le permis camerounais

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Un feu vert présidentiel qui suscite l’engouement des observateurs

La validation par le chef de l’État camerounais de la cession de 42,5 % du permis pétrolier Thali à Prime Global Energies crée un véritable raz-de-marée dans le secteur énergétique local. Cette décision, bien que non encore finalisée sur le plan administratif, est perçue comme un tournant stratégique pour le développement des ressources offshore du pays. L’apport financier de 15 millions de dollars annoncé par le nouvel acteur, équivalent à près de 8,65 milliards de FCFA, vise à relancer un projet au bord de l’asphyxie financière. Les spécialistes s’interrogent désormais sur les répercussions concrètes de cette alliance sur l’avenir pétrolier du Cameroun.

Une procédure administrative suspendue en attendant les arbitrages

Malgré le feu vert présidentiel, le processus n’en est qu’à ses débuts. Les documents officiels, notamment l’arrêté prolongeant la période d’exploration et la lettre d’approbation de la cession, doivent encore être finalisés par le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt) et la Société nationale des hydrocarbures (SNH). Ces étapes, essentielles pour donner une légitimité totale à l’opération, pourraient introduire des retards supplémentaires. Les retards accumulés sur le projet, dus à un manque chronique de liquidités, rendent cette prudence des autorités compréhensible.

Prime Global Energies, dont l’expertise dans l’exploration pétrolière et gazière n’est plus à démontrer, pourrait apporter une bouffée d’oxygène technique et financier. Son passé sous l’enseigne d’Eni Pakistan Limited et son héritage opérationnel avec le groupe italien inspirent une certaine confiance au sein des instances camerounaises. Pourtant, la finalisation de l’accord reste suspendue à la signature des documents manquants, laissant planer une incertitude sur le calendrier réel de cette transformation.

NJOM-3 : un report qui interroge sur la viabilité du projet

La principale cible de l’investissement de Prime est le forage du puits d’appréciation NJOM-3, désormais prévu pour le deuxième trimestre 2027, soit un report de plusieurs mois par rapport aux prévisions initiales. Cette décision, annoncée par Jeremy Asher, PDG de Tower Resources, reflète une prise de précaution évidente. La société a affiné ses prévisions pour éviter tout optimisme prématuré et privilégie une approche réaliste, malgré la pression pour faire aboutir ce projet.

Les préparatifs logistiques sont déjà en cours à Douala, où des équipements clés sont entreposés. Parmi eux, un système innovant permettant de suspendre le puits après les tests, une solution technique qui pourrait économiser des ressources si les résultats s’avèrent concluants. Cependant, la sélection de la plateforme de forage reste en suspens, la compagnie attendant des engagements fermes avant de communiquer davantage. Les négociations avec les prestataires nécessaires sont en revanche bien avancées.

Un apport financier salvateur pour Tower Resources

La trésorerie exsangue de Tower Resources au 30 juin 2026 illustre la précarité financière du projet. Avec seulement 66 583 dollars en caisse pour des dettes courantes s’élevant à 2,91 millions de dollars, la société était au bord de l’implosion. Les dépenses capitalisées au Cameroun, bien que réduites par rapport à l’année précédente, restent insuffisantes pour garantir la poursuite des travaux. Les 15 millions de dollars promis par Prime Global Energies couvriront les coûts restants du forage d’appréciation, mais les étapes suivantes, notamment les tests et l’éventuelle exploitation commerciale, nécessiteront des financements supplémentaires.

Cette injection de fonds est donc vitale pour Tower Resources, qui ne peut plus se permettre de prolonger indéfiniment ses retards. L’accord avec Prime est désormais sa seule issue viable, sous peine de devoir envisager une liquidation de ses actifs ou une levée de capitaux d’urgence, deux options risquées dans le contexte actuel du marché pétrolier.

Des perspectives encore floues mais porteuses d’espoir

Malgré les incertitudes persistantes, l’entrée de Prime Global Energies dans le permis Thali ouvre une fenêtre d’opportunités pour le Cameroun. La question n’est plus de savoir si le projet redémarrera, mais à quel rythme et avec quelle efficacité. Les autorités, les investisseurs et les citoyens camerounais observent avec attention l’évolution de cette collaboration, espérant qu’elle débouchera enfin sur une production pétrolière tangible, après des années de promesses non tenues.

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