Cameroun : dynamiser les inscriptions sur les listes électorales, un défi démocratique

Cameroun : dynamiser les inscriptions sur les listes électorales, un défi démocratique

Un appel à l’engagement civique au Cameroun

L’importance de l’inscription sur les listes électorales est un sujet récurrent au Cameroun, particulièrement à l’approche des échéances électorales. La période de révision annuelle, qui s’est étendue du 2 janvier au 31 août, représente une étape cruciale pour l’actualisation du corps électoral, conformément aux dispositions du code électoral.

Ces opérations visent à intégrer de nouveaux électeurs, notamment ceux qui ont atteint l’âge de la majorité électorale (fixé à 20 ans au Cameroun), ainsi que tous les citoyens n’ayant jamais procédé à leur enrôlement.

Cependant, une observation attentive révèle un manque d’affluence significative pour ces inscriptions. Malgré les multiples campagnes de sensibilisation orchestrées par les acteurs du processus électoral, l’engouement citoyen ne semble pas avoir atteint les niveaux observés lors des années précédentes, notamment à l’approche de la dernière élection présidentielle, un scrutin majeur pour le pays.

On aurait pu anticiper une dynamique similaire, voire accrue, en prévision des scrutins législatifs et municipaux. Initialement prévus pour le premier trimestre 2025, ces rendez-vous démocratiques ont été reportés à deux reprises et devraient, en théorie, se tenir en février 2027. Cette période d’inscription représentait, en principe, la dernière opportunité pour les non-inscrits avant ces élections.

Néanmoins, les tensions post-électorales qui ont suivi la dernière présidentielle, marquées par des contestations des résultats officiels et, selon diverses sources, par des pertes humaines estimées entre vingt et quarante victimes, ont probablement eu un effet dissuasif sur de nombreux citoyens potentiellement intéressés par l’inscription.

Bien que plusieurs millions de Camerounais en âge de voter soient déjà enregistrés, un nombre conséquent d’entre eux manque encore à l’appel. Des analystes et experts des questions électorales estiment que le taux d’inscription, distinct du taux d’abstention ou de participation, peut être considérablement amélioré.

Les diverses entités impliquées dans le processus électoral, incluant l’organe électoral, Elections Cameroon (Elecam), et les partis politiques, sont conscientes de cette situation. C’est pourquoi elles redoublent d’efforts sur le terrain pour encourager les populations éligibles à s’inscrire.

Pour faciliter cette démarche, il serait judicieux d’adopter des mesures incitatives qui encourageraient les citoyens à s’enregistrer, tout en respectant leurs libertés fondamentales. Par exemple, l’État pourrait offrir des avantages sociaux aux personnes inscrites, sans générer de charge financière supplémentaire. Cela pourrait se traduire par des facilités dans l’obtention de certains documents administratifs ou un accès privilégié à des opportunités d’emploi dans la fonction publique. De nombreuses pistes peuvent être explorées, à condition qu’une réelle volonté politique soit présente.

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