Un appel urgent de l’ONU pour la préservation des droits fondamentaux
Le chef des droits de l’homme des Nations Unies, Volker Türk, a lancé un appel pressant aux autorités de transition du Burkina Faso. Il les a exhortées à cesser toute forme de restriction de l’espace civique et à renoncer à leur projet de bannir l’ensemble des partis politiques du pays. Selon le Haut-Commissaire, une telle orientation ne constitue en aucun cas une avancée pour les droits humains du peuple burkinabè.
Au lieu de museler les voix dissidentes, M. Türk a encouragé les autorités à favoriser un environnement ouvert pour la société civile. Il a insisté sur l’importance de respecter la liberté d’expression et d’association, ainsi que de lever les interdictions qui pèsent sur les activités politiques, conformément aux engagements internationaux du pays.
Une série de mesures restrictives inquiétantes
La situation politique au Sahel connaît de nouvelles tensions. Fin janvier 2026, le gouvernement burkinabè a officialisé son intention de prendre des mesures visant à dissoudre les partis politiques, abrogeant par la même occasion le cadre légal qui les régit. Cette décision fait suite à une suspension de toutes les activités des partis politiques en vigueur depuis septembre 2022, comme le rappelle le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH).
Cette tendance à la restriction s’est accentuée au cours de l’année 2025. Plusieurs organisations, tant nationales qu’internationales, ont vu leurs activités suspendues, parfois sans explication claire ou sous des motifs vagues comme des atteintes à « l’ordre public ». Une nouvelle loi limitant la liberté d’association a également été promulguée en juillet, et depuis novembre 2025, un décret contraint les ONG à utiliser exclusivement une banque d’État pour leurs opérations financières.
L’accumulation de ces décisions a considérablement réduit le champ d’action de la société civile, en violation du droit international. Ce décryptage de la situation au Sahel montre que ces mesures entravent également les opérations humanitaires, compliquant l’accès aux populations vulnérables.
Des violations persistantes et un engagement à respecter
Malgré la libération de quelques personnes détenues arbitrairement l’an dernier, le HCDH continue de documenter des allégations préoccupantes de disparitions forcées et d’arrestations illégales au Burkina Faso. Les victimes de ces pratiques incluent des journalistes, des magistrats, ainsi que des responsables et membres de partis politiques et d’organisations civiles.
En décembre 2025, une feuille de route avait pourtant été établie entre le HCDH et le gouvernement. Les autorités s’y engageaient à lutter contre l’impunité, à respecter les droits humains dans le cadre des opérations militaires, à soutenir les victimes et à garantir les libertés fondamentales. Pour le Sahel Journal, qui suit l’actualité de la région, cet engagement est crucial.
« Il est impératif que les auteurs de violations des droits humains rendent des comptes », a souligné Volker Türk. Il a réclamé que ces promesses se transforment rapidement en actions concrètes : l’abrogation des lois restrictives, la facilitation de l’aide humanitaire et la libération de tous les détenus arbitraires. Pour une paix durable, la restauration d’un espace démocratique où toutes les voix peuvent s’exprimer est, selon lui, une condition non négociable pour la sécurité et la cohésion sociale au Burkina Faso.
