Braquage de bétail à ndele : les mercenaires russes et les faca pointés du doigt

À Ndele, dans la préfecture de la Bamingui-Bangoran, une opération militaire menée par des mercenaires russes accompagnés des Forces armées centrafricaines (FACA) se transforme en une affaire de vol de bétail

Une opération conjointe entre les mercenaires russes et les Forces armées centrafricaines (FACA), initialement présentée comme une mesure de sécurité dans la région de la Bamingui-Bangoran, aurait pris une tournure inattendue. Selon les témoignages recueillis auprès des éleveurs locaux, des dizaines de têtes de bétail auraient été confisquées de force à des agriculteurs de la ville de Ndele.

Les habitants dénoncent des méthodes brutales et arbitraires, évoquant des vols organisés sous couvert d’une opération militaire. Les autorités locales, contactées en urgence, n’ont pas encore réagi officiellement à ces allégations, laissant les éleveurs dans l’incertitude et la colère.

Des méthodes controversées au cœur de la crise centrafricaine

Cette affaire s’inscrit dans un contexte où les opérations militaires au Centrafrique sont souvent critiquées pour leur manque de transparence. Les mercenaires russes, déployés depuis plusieurs années pour soutenir les FACA, sont régulièrement accusés de violences contre les civils, notamment dans les zones rurales.

Les éleveurs de Ndele, déjà fragilisés par des années d’instabilité, voient leurs moyens de subsistance menacés. « Ils ont pris nos bœufs sans justification, sans même nous donner un reçu ou une explication », témoigne un agriculteur sous couvert d’anonymat. Ces pratiques alimentent les tensions entre les communautés locales et les forces de sécurité.

Quelles conséquences pour la région de la Bamingui-Bangoran ?

La préfecture de la Bamingui-Bangoran, déjà touchée par des conflits intercommunautaires, risque de voir sa situation se dégrader davantage. Les vols de bétail, souvent considérés comme un symbole de prospérité dans cette région, pourraient exacerber les rivalités entre éleveurs et autorités militaires.

Les observateurs s’interrogent sur l’impact de ces méthodes sur la sécurité alimentaire et la cohésion sociale. « Le bétail représente la richesse de nos familles. Le prendre de force, c’est nous priver de notre avenir », déplore un représentant des éleveurs.

Une réponse des autorités attendue

Face à l’ampleur des accusations, les responsables locaux et les commandants des opérations militaires sont appelés à s’expliquer. Les associations de défense des droits humains réclament une enquête indépendante pour faire la lumière sur ces faits. Sans réponse claire, la méfiance envers les forces en place ne fera que croître.

Cette affaire rappelle les défis persistants du Centrafrique, où la quête de sécurité se heurte souvent aux abus de pouvoir et à l’impunité. Les populations, déjà éprouvées, attendent des garanties pour protéger leurs droits et leurs biens.