Mali : Bamako paralysée par le blocus djihadiste, Amnesty International alerte sur l’urgence humanitaire
La capitale malienne, Bamako, subit depuis fin avril un blocus imposé par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une organisation affiliée à Al-Qaïda. Cette situation, qualifiée de « crise humanitaire majeure » par les observateurs, entrave gravement la libre circulation des civils et menace leur sécurité au quotidien.
Des attaques répétées et un blocus dévastateur pour l’économie locale
Les hostilités ont débuté fin avril avec des attaques coordonnées menées conjointement par le JNIM et le Front de libération de l’Azawad (FLA) contre des positions stratégiques du régime militaire en place. Ces assauts, suivis d’un blocus prolongé, ont paralysé les axes routiers menant à Bamako, notamment celui reliant la capitale à Bougouni.
Le 6 mai dernier, un convoi civil transportant des denrées alimentaires (fruits, marchandises diverses) a été la cible d’une attaque, selon Amnesty International. Aucune escorte militaire n’accompagnait ce transport, confirmant le caractère illégal de l’agression. Plusieurs entreprises de logistique ont dû suspendre leurs activités, privant Bamako d’approvisionnements essentiels.
Amnesty International dénonce des violations graves du droit international
Dans un communiqué urgent, l’organisation de défense des droits humains a pointé du doigt les « conséquences inacceptables » du blocus sur les populations civiles. Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty, a rappelé que « en vertu du droit international humanitaire, toute attaque contre des civils ou des biens à usage civil est strictement interdite ».
Parmi les risques encourus par les habitants de Bamako :
- Une pénurie alimentaire due à l’impossibilité d’acheminer des marchandises ;
- Des difficultés d’accès aux soins, les hôpitaux manquant de ressources ;
- Une insécurité généralisée, les mouvements étant constamment perturbés.
Le JNIM face à ses responsabilités : un appel au respect des droits fondamentaux
Les autorités maliennes, déjà fragilisées par des mois de tensions politiques, appellent à la levée immédiate du blocus. Le gouvernement a également invité le JNIM à respecter les conventions internationales, garantissant la protection des civils en temps de conflit.
Pour les observateurs, cette crise illustre l’urgence d’une solution négociée pour éviter une dégradation supplémentaire de la situation humanitaire à Bamako.
Les prochains jours seront déterminants pour évaluer si le dialogue pourra l’emporter sur la violence, dans un contexte où chaque heure compte pour des milliers de familles en détresse.
