Bénin : écrou confirmé pour Candide Azannaï, la justice invoque les fuyards et l’instruction en cours

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Écrou maintenu. La chambre des appels a confirmé la détention préventive de Candide Azannaï, président du parti Restaurer l’Espoir, dans le dossier de la tentative de coup d’État déjouée le 7 décembre 2025. Deux arguments structurent cette décision : la présence de coauteurs présumés toujours en fuite et la nécessité de mener l’instruction à son terme sans altération des preuves.

L’essentiel : une détention préventive reconduite en appel

Le choix de la juridiction n’a rien d’une sanction anticipée. Il s’inscrit dans une logique procédurale : permettre aux magistrats d’instruire à charge et à décharge, dans un dossier où la stabilité des institutions est directement en jeu.

Arrêté en décembre 2025 dans le sillage des événements qui ont secoué l’appareil d’État, l’ancien ministre reste donc sous les verrous, conformément à la décision rendue après examen du recours formé par ses conseils.

Deux griefs majeurs au cœur des poursuites

Les charges retenues contre le prévenu figurent parmi les plus lourdes du code pénal béninois. Le ministère public et la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) retiennent notamment :

  • le complot contre la sûreté de l’État ;
  • la provocation à la rébellion.

Dans une démocratie constitutionnelle consolidée, une tentative de déstabilisation de cette nature ne peut être traitée à la légère. C’est cette exigence d’enquête approfondie, sur toutes les ramifications du dossier, qui commande les décisions d’élargissement comme de maintien sous écrou.

Le déroulé d’une procédure d’appel contradictoire

La défense avait d’abord saisi la chambre des libertés et de la détention d’une demande de mise en liberté provisoire. Cette requête a été rejetée. Les avocats du mis en cause ont alors exercé leur droit de recours, ouvrant un second examen du dossier.

Point notable : Candide Azannaï a été régulièrement extrait de son lieu de détention pour comparaître en personne devant ses juges. Aucune audience à huis clos, aucun traitement expéditif. Le prévenu a pu exposer ses arguments et bénéficier des garanties prévues par le Code de procédure pénale.

Deux critères ont pesé sur la décision

Après analyse des pièces du dossier, la Cour a confirmé le maintien en détention en s’appuyant sur des éléments précis : des personnes impliquées dans le même dossier demeurent introuvables, et les investigations en cours exigent que les preuves ne soient ni altérées ni exposées à des interférences extérieures.

La défense reconnaît une instruction menée à son terme

Les propos tenus par Me Aboubacar Baparapé, conseil de Candide Azannaï, éclairent le déroulement de l’information judiciaire. À la sortie de l’audience, l’avocat a lui-même confirmé que les étapes essentielles de la procédure s’étaient déroulées dans les règles.

Un interrogatoire au fond achevé, selon le conseil

« Son interrogatoire au fond étant terminé, il n’y a plus aucun autre élément », a déclaré Me Baparapé. Autrement dit, l’instruction sur le cas individuel de son client est allée jusqu’à son terme, permettant à ce dernier de livrer l’intégralité de ses explications devant les juges d’instruction.

Le défenseur a également insisté sur la liberté de parole dont a bénéficié le prévenu : « En tout cas, lui, il a dit qu’il n’est pas dans cette affaire, qu’il n’est pas concerné par tout ce qui est inventé autour de lui par rapport à cette affaire ». Candide Azannaï a donc pu clamer son innocence et contester les imputations formulées contre lui, sans entrave, devant le prétoire.

De nouvelles demandes de mise en liberté annoncées

La défense a par ailleurs affiché une posture légaliste face aux voies de recours encore disponibles : « Nous allons encore, le moment venu, réintroduire une nouvelle demande jusqu’à ce qu’on puisse nous entendre ». Cette annonce rappelle que le système judiciaire béninois prévoit des mécanismes permanents de réexamen, fondés sur l’évolution du dossier et du calendrier procédural.

Ce que la décision dit du tempo judiciaire béninois

Un maintien en détention déçoit toujours la partie qui le subit. Mais la décision de la cour d’appel consacre la primauté des faits sur les considérations politiques ou émotionnelles. Dans un dossier de cette envergure, le temps du juge n’est ni celui de l’urgence médiatique ni celui de l’opinion.

En laissant l’instruction se poursuivre tant que des coauteurs présumés restent recherchés, l’institution judiciaire protège la société tout en préservant la perspective d’un procès équitable et impartial. C’est cette rigueur procédurale, associée au respect des libertés fondamentales et des droits de la défense, qui structure aujourd’hui le traitement de l’affaire Candide Azannaï au Bénin.

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